Sans Titre

Mercredi, 26 Septembre 2018 11:42 Taubira Jean-Marie
Imprimer

Volontairement, je n'ai pas titré cet article dans le sens commun, un peu comme le titre d'un film que vous connaissez certainement :"Mon nom est Personne" Facebook a censuré cet article sans que j'arrive à m'expliquer les raisons. Dois-je être surpris lorsque l'on sait ce qui se passe avec les modératrices, lorsque l'on entend sur les média les relations avec les partenaires Instagram et Whatsapp. La lecture personnelle que j'en retire l'ordre établi apparaît comme la protection des pédophiles et des prédateurs. Par contre, l'article n'a rien d'incitation au terrorisme ou autres de ce genre... Je revois les images du temps des Ministres qui étaient les gendarmes des média et qui censuraient à tout va, je revois le temps où l'on parlait de la PRAVDA.

Hier matin, le 19 septembre 2018, une amie, docteure en médecine, venue d'un des pays classés "Pays du Nord" par opposition aux "Pays du Sud", suite à un échange sms sympathique me demandait comment ça allait ? Voilà ce que je lui répondais, il était 8h 44 : " ça va pour moi. Rien n'est évident. Une fois que l'on est conscient que la vie est un combat sur tous les plans, on doit se donner les moyens mentaux pour résister et pour se dépasser". Quand il était un peu plus de 19h j'apprends une nouvelle pire que nauséabonde, mortifère. Un viol sur mineure mais,très mineure. Là, on mesure le sens des mots. Revient dans ma tête, l'expression "moyens mentaux". Déstabilisé, presque déstructuré en quelques secondes avant de refaire surface. J'ai connu des moments difficiles dans la vie, j'ai réfléchi sur le sens de l'existence. Je ne suis spécialiste de rien. Mais, désolé pour les savants, pour tous ceux qui ont reçu l'habilitation de je ne sais qui pour s'exprimer au nom de tous, je ne m'interdis aucune réflexion au prétexte de "spécialiste". Je sais lire, écrire, compter. Ma rébellion intellectuelle m'autorise à m'exprimer et à choisir de partager ma réflexion avec ceux qui le veulent. Ceux qui ne la partagent pas, l'abandonnent. C'est ma façon de voir le monde. Les savoirs académiques pour nombre d'entre eux appartiennent à un modèle de société. J'ai retenu du peu de sociologie que j'ai faite, qu'elle ne dit pas comment doit fonctionner la société. Elle répond à une construction intellectuelle. Donc, aucune société n'est neutre. Même lorsque l'on parle d'Etat de droit, le terme est relatif car, le Droit, pour moi, n'est pas absolu et sa source peut être contestée selon les territoires. Il doit sa légitimité à sa hiérarchisation qui est un agencement intellectuel. Il est fonction du type de société qu'on veut. Il peut être à dominance bourgeoise, prolétaire etc. Seuls notre sens critique et notre réflexion intelligente peuvent nous aider à appréhender son orientation et à le combattre s'il nous aliène.


Lorsque les événements de la vie vous frappent avec autant de violence, vous vous rendez compte que le poids de chaque jour n’est pas le même et qu’il est de surcroît différend pour chaque personne. Vous constatez que le temps est organisé en intervalles réguliers, chaque intervalle peut s’imbriquer dans un autre de manière linéaire mais aussi différemment. Ce peut être l’extase et tout de suite après le chaos. Vous prenez conscience que le vivant a une influence sur ce qui détermine l’existence qui elle-même contribue à caractériser la société. Si nous prenons le cycle hebdomadaire, en fonction de la relation que l’on peut entretenir avec l’environnement, tous les lundis n’ont pas le même poids et il en est de même des autres jours. Si la vie est un mystère la société lorsqu’elle se délite la rend encore plus mystérieuse.


J’avais publié sur mon blog il y a quelques temps un article sur le nombre de suicides de nos jeunes compatriotes amérindiens. J’avais trouvé çà scandaleux de savoir qu’avec un tel taux de suicide notre société qui relève d’un Etat de droit ne s’était pas davantage mobilisée que ça. J’ai rencontré, il n’y a pas si longtemps une compatriote amérindienne, nous avons échangé sur le sujet, nous avons parlé de la tradition et de l’omerta sur certains aspects de la tradition. Lorsqu’il y a viol par exemple, qui plus est sur enfant, la tradition ne peut pas être évoquée. Nul ne peut accepter une coutume qui pousse au suicide, les personnes victimes, une coutume qui traumatise les enfants victimes. Les adultes qui ont subi soit durant leur enfance, soit durant leur adolescence des abus sexuels sont meurtris et pleurent seuls dans leur coin, leur corps et leur esprit sont souillés. Comment peut-on rester silencieux sur de tels événements. Alors, cette communauté est-elle partie intégrante de l’Etat de droit….


L’Etat ne se préoccupe que de la comptabilité nationale. Pour lui, la société c’est ça. Les tableaux, les statistiques, le PIB et sa croissance, le déficit commercial etc. L’humain, il doit être utile. Il ne sert qu’à améliorer les indicateurs économiques, il doit être le moteur de l’efficacité, de la productivité. En ce sens, il ne faut pas être choqué qu’un Dirigeant prenne comme métaphore le fait de traverser la rue pour trouver un emploi. Les conditions d’existence des humains et surtout du peuple sont laissées à un Dieu monothéiste. Celui qui est à la fois partout et en tout lieu en même temps. Vous comprenez pourquoi les pédophiles, les prédateurs s’en donnent à cœur-joie. Vous comprenez pourquoi il faut tant de temps pour prouver leur culpabilité. Ces Dieux monothéistes qui ne peuvent pas venir en aide aux enfants victimes de ces criminels. Ils ne sont jamais là pour les protéger et ils sont soi-disant omniprésents. Où sont-ils à défaut de punir les responsables mais d’être à côté des plus démunis. Il y a longtemps que je suis convaincu que je suis issu du processus de poussières d’étoiles. Mon premier parent vient de là et j’ai en héritage une part de cette spiritualité qui dépasse le niveau de ces Dieux inutiles. Changer la société c’est une affaire d’humains. Construire la société c’est également une affaire d’humains qui savent se dépasser.


Je vous ai dit ci-dessus mortifère… Imaginez un couple qui décide de fonder une famille. Il conçoit que les enfants sont plus importants que toute autre richesse matérielle. Il décide de faire les efforts qu’il faut pour que leurs progénitures aient le savoir et la connaissance qui leur permettent d’être autonomes, d’avoir l’esprit critique pour s’épanouir sans être inféodés à aucun dogme. Des enfants libres dans leur tête qui deviennent des adultes libres dans leur tête. Imaginez que ce couple apprend qu’il a introduit par accident et par humanisme un intrus dans sa cellule familiale et que celui-ci sans vergogne, sans reconnaissance, profitant de l’hospitalité qui lui a été offerte, comme un lâche, pas mieux qu’un invertébré ni qu’un rat d’égouts a abusé sexuellement du plus petit des enfants. A quoi doit penser le couple… Peut-il avoir confiance en l’Etat de droit lorsque les affaires matérielles sont plus importantes que l’existence humaine… Peut-on imaginer ce que pense le couple de savoir que leur enfant a vécu tant de temps avec cette blessure avant de l’extirper en déposant plainte. Si le droit ne passe pas de manière exemplaire, que doit faire le couple, parents de l’enfant abusé… L’un des deux doit-il mesurer le temps qu’il lui reste à vivre pour déclencher une apocalypse sur ce salop, sur cette vermine, sur ce déchet de la société…


Il nous faut une autre société qui respecte la gente humaine et dont les sentences pour altération à la personne humaine soient plus exemplaires que pour les dommages faits à des biens matériels.

Mise à jour le Mercredi, 26 Septembre 2018 12:51